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ACTA Ingesta® · No. 1 · Feb. – Dec. 2024

Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité

Numéro 1Acta IngestaCompte-rendu du Comité de NutritionLes recherches ont largement établi le rôle des apports alimentaires comme un facteursignificatif influençant le risque d'obésité. Selon les études, la nutrition contribue à un tiersdes cas de cette affection, ainsi que du diabète de type 2 et de certains types de cancers.[1] [2] Aux États-Unis, les femmes afro-américaines affichent des taux d'obésité et desurpoids parmi les plus élevés de toutes les populations, avec environ 4 femmes afro-américaines sur 5 concernées par ces conditions. [3] En Guadeloupe, une régionultrapériphérique de l'Union européenne dans les Antilles françaises et un départementfrançais d'outre-mer, environ un adulte sur deux est en situation de surpoids et un tiers dela population souffre d’obésité. Ces chiffres soulignent l'urgence d'examiner de manièreapprofondie les habitudes alimentaires et les apports nutritionnels dans cette région. Lesstatistiques sanitaires sont particulièrement préoccupantes, avec 10 % de la populationdiagnostiquée diabétique et environ 40 % souffrant d’ hypertension, ce qui excerbe lespréoccupations en matière de santé publique. [4] Par ailleurs, la région connaît égalementune transition nutritionnelle qui modifie considérablement les habitudes alimentaires,affectant les résultats de santé de la population. [5] En particulier, les femmes enGuadeloupe présentent un indice de masse corporelle (IMC) presque deux fois supérieur àcelui des femmes dans l'Hexagone. [6] De plus, 50 % des femmes de la région montrentdes signes d'obésité abdominale, ce qui aggrave les risques pour leur santé. [7] Enfin, desétudes récentes ont également mis en évidence des signes de sous-nutrition chez lespersonnes âgées, renfor les inquiétudes concernant la malnutrition dans la région. [8]Mots-clésAdaptation métabolique, AGPI, AGMI, apports alimentaires,carences nutritionnelles, EFSA, fibres, Guadeloupe, iode,macronutriments, micronutriments, obésité, recommandationsalimentaires, saccharose, sous-nutrition, surpoids, vitamine D,vitamine E. Cette étude souligne le lien entre l'obésitéchez les femmes en Guadeloupe et descarences notables en nutriments essentiels,tels que les AGPI, les AGMI, les fibres et l’iode.Elle révèle également un apport excessif englucides simples, et ce malgré un apporténergétique total inférieur auxrecommandations de l’EFSA, mettant enlumière la coexistence de l'obésité et de lasous-nutrition.RésuméContexteL'obésité est une préoccupation croissante de santé publique à l'échelle mondiale, etl'apport alimentaire joue un rôle crucial dans sa gestion.ObjectifCette étude vise à évaluer l'apport en nutriments des femmes en situation de surpoids oud’obésité en Guadeloupe (FR, RUP-UE) et à identifier les écarts par rapport auxrecommandations nutritionnelles de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments(EFSA).ConceptionL'étude, menée de février à septembre 2024, adopte un design transversal.Cadre de l’étudeL'étude a eu lieu au Centre Médical Fiona, une clinique médicale générale axée sur lessoins ambulatoires à Capesterre-Belle-Eau, Guadeloupe, Antilles françaises.ParticipantsL'étude a impliqué 40 femmes en situation de surpoids ou d’obésité, âgées de 19 à 72 ans,recrutées par références médicales.InterventionsLeurs apports nutritionnels ont été évalués via un enregistrement alimentaire sur troisjours, où la consommation alimentaire, y compris les tailles de portions, a étédocumentée et vérifiée par une diététicienne certifiée.Mesure principale des résultatsLa comparaison des apports nutritionnels des participantes aux recommandations del'EFSA s’est concentrée sur l'énergie totale, les macronutriments et les micronutriments.AnalyseUn test T pour un échantillon a été utilisé pour vérifier si les apports nutritionnels déviaientsignificativement des normes de l'EFSA. Les résultats ont été évalués avec un seuil designification alpha de 0,05, garantissant une puissance suffisante (0,80) pour détecterdes différences.RésultatsL'étude a mis en évidence des déficits en énérgie totale, sous le niveau des besoins métaboliques de base, et des carences en certains macronutriments (comme les acidesgras polyinsaturés et monoinsaturés, les fibres) et micronutriments (iode, potassium,vitamines D et E). Par contre, une consommation excessive de glucides simples a étéobservée.Conclusion et implicationsLe déséquilibre nutritionnel, combiné à des apports énergétiques insuffisants par rapportiaux besoins métaboliques de base souligne la coexistence de l'obésité et de la sous-nutrition, remettant en question la notion traditionnelle de l'obésité comme simplerésultat d'une consommation calorique excessive. Les résultats mettent en avant unschéma de carences et d’excès nutritionnels, impliquant de mauvaises habitudesalimentaires, telles que le saut de repas, une préférence pour les boissons et les produitssucrés, une consommation fréquente de fruits tropicaux et d'aliments riches en amidon,et une consommation limitée d'aliments riches en acides gras insaturés. Cela souligne lanécessité d'interventions diététiques ciblées.AbréviationsAR : Apports recommandés par l’EFSAAS : Apports spontanésAGMI : Acides Gras MonoinsaturésAGPI : Acides Gras PolyinsaturésBM : Besoin MoyenCIQUAL : Base de Données Française sur la Composition Nutritionnelle des AlimentsDER : Dépense énergétique au reposDMN : Dispositif Médical NumériqueEFSA : Autorité Européenne de Sécurité des AlimentsETP : Éducation Thérapeutique des PatientsFNDDS : Base de Données sur la Composition Nutritionnelle des Aliments aux États-Unis FAO :Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'AgricultureINCAP : Institute of Nutrition of Central America and PanamaIMC : Indice de Masse CorporelleNAP : Niveau d'Activité PhysiqueRUP : Région UltrapériphériqueSR Legacy : Base de Données sur la Composition Nutritionnelle des Aliments 1IntroductionSous-nutrition chez les femmes en situation d’obésitéPhoto : générée par IA (Creative Commons)S. Hilliger et al. (2024)Courriel : sabine@ingesta.netEditeur de la publication : Le Cercle Hilliger - Comité de NutritionAdresse : Ingesta c/o Centre Médical Fiona17, rue Montplaisir, 97130 Capesterre-Belle-Eau, FranceNom de la publication : Acta IngestaDépôt Legal : 1er trimestre 2025N° ISSN : 3076-2650doi : 10.5281/zenodo.13984695
Méthode2Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésitéÉtude de cohorte rétrospectiveL’étude a été réalisée exclusivement sur données existantesn’impliquant pas la personne humaine (RNIPH) au sens de l’articleR.1121‑1, II, 3° du Code de la santé publique. Aucune sollicitation,interaction ou collecte additionnelle n’a été effectuée auprès despersonnes concernées pour les besoins de la recherche ; l’analyserepose uniquement sur des données et photographies nutritionnellespseudonymisées préalablement enregistrées lors de l’utilisationstandard du dispositif numérique Ingesta®. En conséquence, leprotocole est exclu du champ des RIPH et ne nécessite pas la saisined’un CPP (les avis CPP ne s’appliquant qu’aux RIPH) ; le traitement estencadré par la méthodologie de référence MR‑004.Population sourceL'étude porte sur l'analyse rétrospective d'une cohorte d'usagères duCentre Médical Fiona. L'extraction des données a ciblé une populationayant bénéficié d'un suivi nutritionnel via le dispositif, permettantd'accéder à des données historiques consolidées. La stratégie desélection reposait sur un échantillonnage ciblé des dossiers completscorrespondant aux critères d'inclusion de poids moyen de 98,25 kg (±13,73). L'indice de masse corporel (IMC) été calculé selon la formulestandard en divisant le poids corporel (en kilogrammes) par le carréde la taille (en mètres), soit la formule suivante : IMC = poids (kg) /taille² (m²). Les participantes ont été classées en deux catégories enfonction de leur IMC : surpoids (n = 7) et obésité (n = 33)conformément aux seuils établis : surpoids : IMC compris entre 25 et29,9 kg/m² ; obésité : IMC égal ou supérieur à 30 kg/m². L’IMC moyendes participantes était de 36,52 kg/m² (± 5,23) correspondant à uneobésité de type 2 (sévère).Réutilisation de Données" (Data Reuse) Les recherches sur données existantes et préalablement collectées incluait le journal alimentaire avec des informations sur l'âge, la taille,le poids corporel et l'indice de masse corporelle (IMC), et les apportsalimentaires des participantes évalués à l'aide d'un carnetalimentaire détaillé sur trois jours. lors de l'utilisation courante du dispositif les participantes prenaientdes photos de chaque aliment, y ou boisson consommé(e), qu’ellesenvoyaient immédiatement via l’application de messagerieinstantanée WhatsApp, accompagnées, si nécessaire, de descriptionsdétaillées sous forme de messages vocaux ou écrits. Ces descriptionsprécisaient notamment le type et la marque des aliments, ainsi queles méthodes de cuisson et de préparation. Afin d’améliorer la précision des mesures, les participantes étaientinvitées à utiliser des unités ménagères standard (tasses, assiettes,cuillères à soupe, cuillères à café) pour quantifier et enregistrerprécisément chaque aliment et boisson consommé(e). Cette approche a permis une documentation exhaustive des apportsalimentaires sur trois jours. Pour garantir la fiabilité des données, unediététicienne diplômée a analysé l’ensemble des informationscollectées : descriptions alimentaires, modes de préparation, marques, horaires de consommation et quantités.Enfin, la composition en macronutriments et micronutriments, ainsique les apports énergétiques totaux, ont été évalués à l'aide d'Ingesta®, un DMN intégrant plusieurs bases de données sur lacomposition nutritionnelle (Ciqual, EuroFir, FNDDS, SR Legacy, USDA-GBFP, INCAP, FAO-Latin Foods, et d’autres), permettant ainsi deprendre en compte les spécificités des plats et aliments des Antillesfrançaises.Besoins Moyens (BM)Les Besoins Moyens (BM) ont été calculés selon les recommandationsde l'EFSA pour la population de femmes adultes âgées de 50 à 59 ans. Ce choix vise à obtenir une estimation plus représentative des tendancescentrales. Les participantes présentaient une large dispersion des âges,variaient de 19 à 72 ans. Afin de limiter l’influence des valeurs extrêmes, l’ âgemédian de 54 ans (± 13,73) a été retenu pour le calcul des BM.Contrairement à la moyenne, la médiane est moins affectée par les écartsimportants par les participantes les plus jeunes (19 ans) ou les plus âgées(72 ans), offrant ainsi une mesure plus représentative de l’âge typique de cegroupe.Niveau d’activité physiquePour cette population, nous avons retenu le Niveau d’activité physique (NAP)le plus bas défini par l’EFSA, soit 1,4, correspondant à un mode de vie peuactif ou sédentaire. Ce niveau reflète une routine quotidiennemajoritairement composée d’activités impliquant peu de mouvementsphysiques, telles que s'asseoir, s'allonger pendant de longues périodes oueffectuer des tâches légères, comme travailler en position assise, regarderla télévision ou utiliser des écrans pendant plusieurs heures, marcher trèspeu ou rester debout de manière minimale tout au long de la journée.L’activité physique ou les mouvements vigoureux sont quasi inexistants dansce mode de vie. Evaluation des apports alimentairesLorsque les données étaient insuffisantes pour établir les Besoins Moyens(BM), un Apport Adéquat (AA) a été utilisé. Ce dernier représente un niveaumoyen de nutriments basé sur les observations ou les expériences de l'EFSA,conçu pour répondre aux besoins nutritionnels de la population.L'étude a évalué les apports alimentaires des participantes en réalisant uneanalyse statistique, comparant leur consommation moyenne de nutrimentsaux niveaux recommandés. Deux hypothèses ont été testées : l'hypothèsenulle (H₀), qui suggère que l’apport en nutriments des participantes nediffère pas significativement des recommandations, et l'hypothèsealternative (H₁) qui avance qu'il existe une différence significative entre lesapports des participantes et les recommandations établies. Pour évaluer si l'apport moyen en nutriments des participantes différait decelui attendu selon les recommandations de l’EFSA, l’étude a utilisé desméthodes statistiques inférentielles, notamment un test T pour unéchantillon. [9] Ce test permet de déterminer si la moyenne d'un seuléchantillon (les apports spontanés des participantes sur trois jours) diffèresignificativement de la moyenne de la population définie par lesrecommandations diététiques de l’AFSA.Un élément clé de cette analyse était la valeur-p, qui indiquait si lesdifférences observées étaient statistiquement significatives. Un niveau de signification α (valeur alpha) de 0,05 (α = 0,05) a été retenu,ce qui signifie que si la probabilité d’observer ces données sous l’hypothèsenulle est inférieure à 5%, cette hypothèse serait rejetée. Cela valideraitl’existence d’une différence significative, pouvant indiquer une carence ouun excès d’un nutriment dans l’alimentation des participantes. Cetteapproche statistique était essentielle pour identifier d’éventuelsdéséquilibres nutritionnels au sein de la population étudiée.
Résultats3L'analyse de puissance a révélé qu'un échantillon de 40 participantes étaitsuffisant pour détecter des différences significatives dans l'apport ennutriments, en utilisant une puissance statistique de 0,80 et un niveaualpha de 0,05. [11] Ce niveau de puissance élevé suggère que l'étude disposait d’un effectifadéquat pour identifier d’éventuelles différences nutritionnelles, renforçantainsi la fiabilité des résultats. Si les différences observées avaient été duesau hasard ou si les résultats n’avaient pas été significatifs, la plupart desvaleurs-p auraient été élevées. Si les apports alimentaires des participantes avaient été conformes auxrecommandations de l’EFSA, le test T aurait montré l’absence de variationssignificatives à analyser. Toutefois, dans cette étude, les valeurs t associéesà des valeurs-p inférieures à 0,001 indiquent des résultats statistiquementfiables et significatifs.Pour une présentation détaillée des résultats, voir le Tableau 1. : Analyse ducarnet alimentaire de 3 jours des participantes. Il présente l’analysedétaillée du carnet alimentaire sur trois jours des 40 participantes, incluantles éléments suivants : l'apport moyen en nutriments des participantes,l’écart type moyen (±SD), le pourcentage d’écart par rapport auxrecommandations (inférieur ou supérieur), les apports recommandés parl'EFSA, la différence entre l'apport moyen des participantes et les recommandations, la valeur t pour tester la significacité des écarts, lavaleur P inférieure ou égale à 0,005 (≤ 0,05) pour rejeter l'hypothèse d’uneabsence de différence statistique.L'analyse alimentaire basée sur un carnet de trois jours a mis en évidenceplusieurs carences et excès en nutriments par rapport auxrecommandations de l'EFSA.Énergie et macronutrimentsLanalyse des apports nutritionnels a révélé une sous-consommationénergétique globale, avec un apport énergétique total (AET) moyen parfoisinférieur de 28,18% par rapport aux recommandations. L’apport moyen était de 5 386,81 kJ/j (1286 kcal/j) avec des valeurs statistiques indiquantune différence hautement significative (valeur t : -9,24, valeur-p : 0 pour leskJ et valeur t : -9,21, valeur-p : 0 pour les kcal). Concernant les acides gras polyinsaturés (AGPI), on contate un déficit de51,57% par rapport aux recommandations, avec une moyenne de 6,69 g/j(valeur t : -17,79, valeur-p : 0). Les acides gras monoinsaturés (AGMI) présentent aussi un déficit de46,09% avec une moyenne de 15,96 g/j (valeur t : -13,93, valeur-p : 0).Quant aux fibres alimentaires, l’apport est inférieur de 40,20% auxrecommandations, avec une moyenne de 14,95 g/j, bien en dessous des25g/j recommandés par l’EFSA (valeur t : -10,81, valeur-p : 0).Bien que l’apport en glucides complexes ait été parfois inférieur de 21,67%aux niveaux recommandés, avec une moyenne de 155,49 g/j (valeur t :-5,68, valeur-p : 0), l’apport moyen en glucides simples était toujoursexcédentaire à 191,13%, avec une moyenne de 64,05 g/j (valeur t : 11,86,valeur-p : 0).Minéraux L'analyse statistique a mis en évidence des insuffisances en plusieursminéraux essentiels. Les apports spontanés en iode présentaient un déficitde 68,75%, avec un apport moyen de 46,87 µg/j (valeur t : -21,06, valeur-p :0), fréquemment en dessous du minimum recommandé de 150 µg/j. De même, les apports spontanés en potassium étaient occasionnellementinférieurs de 35,08%, avec une moyenne de 2273,04 mg/j (valeur t : -10,43,valeur-p : 0). Les apports spontanés en calcium étaient occasionnellement inférieurs de31,31%, avec une moyenne de 515,19 mg/j (valeur t : -6,47, valeur-p : 0).Les apports spontanés en magnésium étaient déficients de 21,09 %, avecune moyenne de 236,72 mg/j (valeur t : -4,34, valeur-p : 0), fréquemmenten dessous du minimum recommandé de 300 mg/j.Les apports spontanés en zinc étaient inférieurs de 21,92 %, avec unemoyenne de 6,95 mg/j (valeur t : -7,35, valeur-p : 0).VitaminesL'analyse a révélé des insuffisances notables en vitamines essentiellestelles que la vitamine D, inférieure de 60,59%, avec une moyenne de 5,91µg/j (valeur t : -8,40, valeur-p : 0), fréquemment inférieure auxrecommandations de 11 µg/j. Les apports en vitamine E étaient inférieursde 52,28 %, aux recommandations avec une moyenne de 5,25 µg/j (valeurt : -14,59, valeur-p : 0).ConclusionDans l'ensemble, ces résultats montrent que les apports spontanés de lapopulation étudiée sont largement en dessous des recommandationsdiététiques de l’EFSA, à l’exception des glucides simples, dont laconsommation reste excessivement élevée.Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité
DiscussionNous avons identifié des apports spontanés faibles, avec des carences enénergie, et dans plusieurs nutriments essentiels, tels que les acides graspolyinsaturés (AGPI), les acides gras monoinsaturés (AGMI), les fibres, lesglucides complexes, l'iode, la vitamine D et la vitamine E, entre autres. Enrevanche, nous avons constaté des apports spontanés excessifs en glucidessimples. Cela met en évidence un schéma d'apports spontanés ennutriments inadéquats dans l’échantillon.ÉnergieLes résultats montrent que les participantes consommeraient, a priori, uneration journalière avec un faible apport énergétique total, même enconsidérant un NAP bas de 1,4. Cela est surprenant étant donné que l'obésitéest généralement associée à une consommation énergétique totaleexcessive. Pour une personne en situation de surpoids ou d’obésité avec unNAP de 1,4, les besoins énergétiques seraient inférieurs à ceux d'unepersonne de la même tranche d’âge ayant un mode de vie plus actif, enraison d’une dépense énergétique journalière plus faible découlant d’unemoindre activité physique. Les apports spontanés observés dans l'étude étaient de 5 386,81 kJ/j (± 1445,94), équivalents à 1 286,53 kCal/j (± 345,76), ce qui est inférieur de 28,18%aux recommandations de l'EFSA.La médiane du poids réel des participantes (98,25 kg) était de 168,24% deleur poids idéal (58,40 kg), avec un poids ajusté calculé à 70 kg, Leurmétabolisme de base (MB) ou dépense énergétique au repos (DER),indiquait une valeur de 5,64 MJ/j, soit 1349 kcal/j.Le poids idéal a été calculé selon la formule de Lorentz (1929) :Poids idéal (femme) = T - 100 - [(T - 150)/2,5] (où T représente la taille encm, le résultat est en kg).Le poids ajusté a été calculé en utilisant un facteur de 0,3 : Poids ajusté = poids idéal + [0,3 x (poids actuel - poids idéal)] (avec lespoids en kg).Le métabolisme de base a été calculé selon la formule de Black & Al :MB (femme) = 0,963 × P (exp. 0,48) × T (exp. 0,5) × Â (exp. -0,13) (où P est lepoids ajusté en kg, Â est l’âge médian en années, T est la taille médiane enmètre, et le résultat est en MJ/j).La DER est la quantité d'énergie dépensée par un individu au repos pourmaintenir les fonctions physiologiques essentielles telles que la respiration,la circulation sanguine et la régulation de la température corporelle. Lesapports spontanés de 5 386,81 kJ/j (± 1 445,94) sont même inférieurs auxbesoins de leur métabolisme de base, ce qui signale soit une sous-déclaration, soit un dysfonctionnement métabolique sévère.Ce dysfonctionnement pourrait résulter d'une adaptation métabolique, unmécanisme où le corps réduit ses dépenses énergétiques face à unediminution de l'apport calorique. Cette adaptation peut survenir après denombreux régimes répétés, ce qui amène l'organisme à optimiser sonutilisation de l'énergie, paradoxalement entraînant une prise de poids mêmelorsque l'apport calorique est inférieur aux besoins métaboliques de base. Endégradant les muscles pour puiser de l'énergie, le métabolisme est encoredavantage affaibli, menant à une sarcopénie précoce et à uneamyotrophie. D'autres facteurs complexes peuvent également influencer cette problématique : les fluctuations hormonales (comme l'hypothyroïdie,la leptine et la ghréline), la composition corporelle des individus en situationd’obésité, avec une proportion élevée de masse grasse par rapport à lamasse musculaire, réduisant la capacité à brûler efficacement des calories,des facteurs génétiques prédisposant certains individus à un métabolismelent ou à une facilité accrue à stocker les graisses. Enfin, des conditionsenvironnementales telles que le manque de sommeil, le stress et desniveaux élevés de cortisol, ainsi que l'exposition à des polluants organiquespersistants peuvent contribuer à la prévalence de l'obésité en perturbant lemétabolisme. [12] [13] [14]Par ailleurs, on constate que les calories ingérées par les participantesproviennent principalement des glucides simples, ce qui peut avoir unimpact non seulement sur l'obésité, mais aussi sur la qualité nutritionnelleglobale, au-delà de la quantité totale de calories consommées. [15]À cet égard, le Modèle d'Équilibre Énergétique (EBM) et le ModèleCarbohydrate-Insuline (CIM) représentent deux approches distinctes pourcomprendre la gestion du poids. L'EBM est fondamentalement ancré dansl'apport énergétique total, mettant l'accent sur l'équilibre entre les caloriesconsommées et les calories dépensées. En revanche, le CIM souligne l'impact de la consommation de glucides et ses effets sur les niveauxd'insuline. [16] Alors que l'EBM met explicitement en avant les calculscaloriques dans la gestion du poids, le CIM suggère que le type et lemoment de l’apport calorique, en particulier celui des glucides, sont desfacteurs cruciaux influençant la régulation du poids. Dans cette étude, la composition des protéines, des lipides et des glucidesa été évaluée en grammes plutôt qu’en calories, permettant ainsi unecomparaison directe avec les recommandations de l'EFSA.Plusieurs facteurs pourraient contribuer à cet apport énergétique inférieuraux recommandations, notamment la tendance à consommer moinsd’aliments, tout en orientant son choix vers des aliments à haute densitéénergétique (HDE) souvent riches en sucres et pauvres en fibres, audétriment d’aliments à haute densité nutritionnelle.Une part importante des participantes (= 19) a rapporté qu'elles sautaientau moins un repas par jour parmi les trois repas recommandés. De plus,certaines participantes (= 7) ont indiqué ne consommer qu'un seul repaspar jour. Ce mode alimentaire a réduit leur apport énergétique global. Laréduction de la fréquence des repas limite non seulement l'apportcalorique, mais diminue également la disponibilité globale des nutriments.Ces comportements reflètent probablement des habitudes alimentairesqui contribuent à la prise de poids et à un risque accru de surpoids etd’obésité. En soutien à cette , une étude de cohorte portant sur plus de 25000 individus au Japon a souligné que sauter des repas, en particulier ledîner, est significativement associé à une prise de poids et à un risqueaccru de surpoids et d’obésité, indiquant que de tels comportementsalimentaires peuvent avoir des implications graves pour la santémétabolique. [17]Dans quelques cas, les participantes ont rapporté adopter des habitudesalimentaires restrictives (= 5), pouvant être liées à des facteurspsychologiques ou à des expériences de régimes antérieurs. Cela peut lesamener à limiter leur apport calorique en réponse aux pressions sociétalesconcernant l'image corporelle, créant une situation paradoxale où l'obésitécoexiste avec la sous-nutrition.LipidesLe contenu total en graisses reflète la somme de tous les types de graissesprésentes dans les aliments consommés, incluant non seulement desgraisses saturées, monoinsaturées et polyinsaturées, mais aussi lesgraisses trans et d'autres types d'acides gras. Dans de nombreux aliments,en particulier les produits transformés, il peut y avoir des quantitéssignificatives de graisses trans. Celles-ci sont incluses dans le total desgraisses, mais ne sont pas représentées séparément parmi les acides grassaturés, monoinsaturés ou polyinsaturés. Acides Gras Polyinsaturés (AGPI)Les résultats de cette étude indiquent un apport faible en acides graspolyinsaturés (AGPI) parmi les participantes, avec une consommationmoyenne de 6,69 g/j (± 2,53). Plusieurs facteurs contribuent à cet apportinsuffisant en AGPI. Presque la moitié des participantes (= 16) a rapporté nepas consommer (= 10), ou consommer très peu (= 6), de produits de lamer, qui sont une source essentielle d'acides gras oméga-3. Plus de lamoitié des participantes (= 29) ne consomment pas de vinaigrette ou desauces contenant des huiles végétales crues riches en AGPI, comme l'huilede lin, l'huile de noix, l’huile de colza, qui pourraient améliorer leur apport engraisses saines. Le faible apport en AGPI peut également être lié à despréférences alimentaires qui favorisent les aliments riches en glucides ouultra-transformés plutôt que les aliments complets comme les poissons etles noix, riches en AGPI. De nombreuses études ont identifié une associationinverse entre la consommation d'acides gras polyinsaturés (AGPI) et lerisque de surpoids ou d'obésité, [18] soulignant leurs bénéfices potentielsdans la réduction de l'inflammation, tant au niveau local, dans le tissuadipeux, qu’au niveau systémique, améliorant ainsi la santé métabolique.[19] 4Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité
5De plus, il a été démontré que les acides gras polyinsaturés (AGPI) réduisentla masse grasse et améliorent la sensibilité à l'insuline [20], tout en induisantdes modifications épigénétiques [21].Acides gras monoinsaturés (AGMI)Les résultats de l'étude montrent que les participantes présentent desapports spontanés inférieurs aux niveaux recommandés en acides grasmonoinsaturés (AGMI), avec une consommation moyenne de seulement15,96 g/j (± 6,19). Près de deux tiers des participantes (= 29) a rapporté nepas consommer de graisses crues, généralement présentes dans lesvinaigrettes à base d’huile, telles que l’huile d’olive, l’huile de colza. Denombreuses participantes ont principalement utilisé de l’huile de tournesolpour la friture, laquelle contient généralement moins d'acides grasmonoinsaturés (AGMI) par rapport aux huiles recommandées pour lesvinaigrettes, comme l’huile d’olive ou l’huile d’avocat. De plus, plus de lamoitié des participantes (= 22) a déclaré éviter d'autres sources alimentairesd'AGMI, telles que le fromage, les noix ou les graines (comme les amandes,les noisettes, les noix de macadamia et les pistaches), les avocats, les oliveset les poissons gras (comme le saumon, le thon et les sardines). Fibres L'analyse révèle un apport en fibres préoccupant parmi les participantes,avec une consommation moyenne de seulement 14,95 g/j (± 5,88). Plusieursfacteurs contribuent à ce faible apport en fibres. Les participantes onttendance à privilégier les aliments féculents tels que les légumes-racines etle riz au détriment de la consommation de légumes. La plupart desparticipantes (= 27) ne consomment généralement pas d'entrées (crudités)avant les plats principaux, ce qui restreint davantage leur consommation defibres. De plus, de nombreuses participantes qui travaillent en dehors de leurdomicile ou qui n’ont pas envie de cuisiner (= 22) optent souvent pour desoptions pratiques, comme des repas à emporter (sandwiches, bokits, platspréparés du commerce). Ces plats prêts à consommer ont tendance àcontenir moins de légumes d'accompagnement ou de salades par rapportaux alternatives maison, contribuant aux carences en fibres observées. Certaines participantes ont également signalé que les coupures d'eaulocales récurrentes peuvent les dissuader de cuisiner des repas élaborés àdomicile, les poussant à recourir davantage à des options de plats àemporter. [22]De plus, certains légumes couramment rencontrés dans l'Hexagone et enEurope (comme la laitue, les tomates, les navets, le céleri, etc.) peuvent êtredifficiles à cultiver localement, entraînant des prix plus élevés et unedépendance accrue aux importations parce que la production locale à pluspetite échelle ne parvient pas à satisfaire la demande. Le coût de la vie enGuadeloupe est plus élevé que dans l’Hexagone et qu’en Europe. [23]Glucides complexes Les résultats de l'étude révèlent que les participantes consomment parfoismoins de glucides complexes que les niveaux recommandés par lesdirectives diététiques de 198,50 g/j, avec une moyenne de 155,49 g/j (± 47,91).De nombreuses participantes ont précédemment suivi divers régimesalimentaires dont des régimes de perte de poids qui préconisaient laréduction de l'apport en glucides, en particulier les glucides complexes telsque le pain, les légumes-racines et le riz. Ces expériences passées ontprobablement influencé leurs habitudes alimentaires actuelles, les amenantà limiter consciemment leur ration quotidienne de glucides complexes en unseul repas par jour (<19). Glucides simplesL'étude indique une surconsommation de glucides simples chez lesparticipantes, comme la saccharose, le fructose, le glucose, avec desniveaux d'apports spontanés moyens de 64,09 g/j (± 22,42), soit presque ledouble des apports recommandés par l’EFSA. Il est important de noter queplus de la moitié des participantes (= 25) remplaçaient souvent leurconsommation d'eau minérale par des sodas et des jus de fruits industriels.Ce remplacement augmente non seulement leurs apports en sucres ajoutés,mais pose également un risque de déshydratation, car les calories liquidesprovenant de boissons sucrées ne peuvent pas étancher la soif aussiefficacement que l'eau, ce qui peut conduire à une consommation accruede ces boissons sucrées. La prévalence des jus de fruits industriels, des théssucrés, des yaourts brassés aux fruits, des desserts industriels, des boissonschocolatées et des cafés à base de poudres sucrées, ainsi qu’une préférencepour les pâtisseries, biscuits et autres collations sucrées, amplifie encore plusla consommation de glucides simples. Plus des deux tiers des participantes (= 30) rapportent consommer desfruits tropicaux au petit-déjeuner et également en collation. Bien que lesfruits apportent des sucres naturels, ils contribuent à l'apport total englucides simples, en particulier lorsqu'ils sont combinés avec d'autresaliments sucrés.Iode L'étude révèle une déficience modérée en iode parmi les participantes,avec un apport moyen de seulement 46,87 µg/j (± 30,97), en deçà desminimums recommandés de 150 µg/j. L’une des raisons principales desfaibles apports spontanés d'iode est leur consommation très limitée,voire inexistante, de produits de la mer, touchant une part significatived'entre elles (= 14). En plus des produits de la mer, le sel iodé constitueune autre source courante d'iode. Leur faible apport en iode peutégalement être corrélé aux faibles niveaux d'acides gras polyinsaturés(AGPI), comme mentionné précédemment.L'insuffisance d'apport en iode est fortement corrélée au développementde l'hypothyroïdie primaire, dont la prévalence est plus élevée chez lespersonnes en situation d’obésité. L'hypothyroïdie est également associéeà une diminution de la dépense énergétique au repos et de lathermogenèse, ce qui peut entraîner une prise de poids. [24] [25]PotassiumL'analyse a révélé une carence en potassium parmi les participantes,indiquant une consommation insuffisante d'aliments riches enpotassium, tels que les légumes et certains fruits. Les apports spontanésmoyens de potassium étaient de 2273,04 mg/j (± 744,27), ce quireprésente un déficit de 35,06 % par rapport aux recommandations del'EFSA de 3500 mg/j. De tels niveaux insuffisants de potassium peuventavoir des conséquences notables sur la santé, notamment enaugmentant le risque d'hypertension et d'autres troublescardiovasculaires. [26]CalciumL'analyse a révélé une carence en calcium parmi les participantes,indiquant une consommation insuffisante d'aliments riches en calcium, tels que produits laitiers (notamment les fromages), les aromates et leslégumes à feuilles vertes. La consommation moyenne de calciums'établissait à 515,19 mg/j (± 229,53), soit un déficit de 31,31 % par rapportaux recommandations de l'EFSA de 750 mg/j.MagnésiumL'analyse a révélé une carence en magnésium parmi les participantes,montrant de faibles apports spontanés d'aliments riches en magnésium, tels que les noix, les graines, le chocolat noir à 70% et les légumes verts.Les participantes (= 2) ont rarement consommé du chocolat noir.La consommation moyenne de magnésium s'élevait à 236,72 mg/j (±92,29), soit un déficit de 21,09 % par rapport aux recommandations del'EFSA de 300 mg/j.ZincL'analyse a révélé une carence significative en zinc parmi lesparticipantes. La consommation moyenne de zinc s'établissait à 6,95mg/j (± 1,68), soit un déficit de 21,92 % par rapport aux recommandationsde l'EFSA de 8,9 mg/j. Vitamine D L'étude révèle une carence préoccupante en vitamine D parmi lesparticipantes. La majorité des participantes a rapporté consommer trèspeu d'aliments qui sont de bonnes sources de vitamine D comme lespoissons gras (par ex. le saumon et le maquereau), les produits laitiersenrichis, les jaunes d'œufs et certains champignons. Les apports spontanés moyens étaient de seulement 5.91 µg/j (± 6,84), cequi est 60.59% inférieur aux apports recommandés de 15 µg/j. Vitamine E L'étude met en évidence une carence en vitamine E parmi lesparticipantes, avec une faible consommation de noix (comme lesamandes et les noisettes), de graines (comme les graines de tournesol),d’huiles végétales (telles que l'huile d'olive et l'huile de tournesol), ainsique de légumes (comme les épinards et l'avocat).Les apports spontanés de seulement 5,25 mg/j (± 2.89), ce qui est 52,28%inférieur aux niveaux recommandés établis (11 mg/j).Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité
Conclusion6LimitationsMalgré la richesse des données fournies par cette étude, certaineslimitations doivent être soulignées. Dans les données de l'étude actuelle, lepourcentage de participantes en situation de surpoids était de 17,5 %,tandis que le pourcentage de participantes en situation d'obésité était de82,5 %. Cependant, cette répartition n'est pas considérée commereprésentative de la population générale en raison du choix de genre del'échantillon. Bien que l'accent mis sur les femmes adultes aide àcomprendre ce groupe démographique spécifique, l'homogénéité entermes de genre pourrait limiter l'applicabilité des résultats.Nous avons choisi de ne pas mentionner en détail les lipides totaux enraison de leur valeur-p de 0.063, indiquant que les différences observéesne sont pas statistiquement significatives. Nous n'avons pas inclus dans ladiscussion les acides gras saturés, les acides gras trans, ainsi que lecholestérol et le sodium car il serait inapproprié de recommander leurconsommation aux personnes en situation d'obésité. Ces omissions sontprincipalement dues à des considérations méthodologiques pour assurerlque l'étude se concentre sur les éléments nutritionnels les plus pertinentset significatifs en termes de santé publique.Des études antérieures suggèrent que les individus en surpoids ou ensituation d’obésité ont tendance non seulement à sous-estimer leursmesures anthropométriques, mais aussi à mal déclarer leurs apportsalimentaires spontanés. [28] Pour cette raison, nous avons simplifié ladémarche de collecte de données et mis en place une méthodestandardisée et rigoureuse afin de minimiser les biais de déclaration, ainsiqu'une méthode statistique pour analyser les données de manièreexhaustive et précise. L’étude est centrée sur les carences plutôt que sur les excès, à l'exceptionnotable des sucres simples, car les recommandations de l’EFSA nefournissent pas la plupart des valeurs des niveaux maximaux tolérablesdes apports. Les quantités maximales des apports chroniques totaux decertains nutriments sont encore inconnues ou présentent une variabilitéimportante, ne fournissant pas des repères clairs pour l'évaluation desexcès potentiels dans l’échantillon.Enfin, la nature transversale de l'étude, menée à une période déterminéedans le temps plutôt que sur une période prolongée, permet d’observerdes corrélations entre les apports en nutriments et l'obésité, mais cetteméthodologie n'est pas suffisante pour inférer des relations de causalité.Recherches FuturesLes recherches futures devraient viser à pallier les limitations de cetteétude en menant des études longitudinales afin d'explorer la causalitéentre l'apport en nutriments et l'obésité au fil du temps. Il serait pertinentd’examiner des tendances similaires dans différentes démographies, ycompris chez les hommes ou les populations plus jeunes. De plus, il estcrucial que les études futures établissent et harmonisent les seuils pour lesniveaux maximaux tolérables des apports de l’ensemble desmicronutriments. Cela permettrait de mieux comprendre les échantillonshétérogènes ou ceux présentant une variabilité importante, en fournissantdes repères clairs pour l'évaluation d’éventuels excès.RemerciementsUn grand merci pour la mise à disposition d'un espace de consultation auCentre Médical Fiona. Une sincère appréciation est également adresséeaux médecins et praticiens : les Dr. T. Ducados-Contaret, A. Kerouedan, A.Sarip, S. de Thoury et S. Peter, F. Desbonnes ainsi qu’au Comité de nutritionde l’association Le Cercle Hilliger.Remarques FinalesLes résultats de cette étude mettent en lumière l'importance cruciale detraiter les carences en nutriments chez les femmes en situation desurpoids et d’obésité en Guadeloupe. En attirant l'attention sur lacorrélation entre la sous-nutrition et l’obésité, nous renforçonsl'importance des stratégies de santé publique adaptées qui favorisent lasensibilisation sur la qualité nutritionnelle, en particulier dans le cadre del’adaptation métabolique. L'analyse de cet échantillon sert d’outil précieux pour tirer des conclusionssur la population spécifique de la région, particulièrement lorsque l’étudede l’ensemble de la population est impraticable ou impossible. Elle permetd’évaluer si les apports spontanés sont conformes aux recommandations ou si des ajustements s’avèrent nécessaires pour mieux répondre à l'avisscientifique de l'EFSA sur les valeurs de référence nutritionnelles. [27]Le faible apport énergétique observé chez les participantes en situation desurpoids ou d’obésité s’explique principalement par des sauts de repas et une consommation alimentaire irrégulière, influencés par divers facteurscomportementaux, psychologiques et physiologiques qui ont conduit àune adaptation métabolique sous le niveau des besoins métaboliques debase. Cette situation met en lumière l'interaction complexe entre habitudesalimentaires, adaptation métabolique et poids corporel, remettant enquestion l’idée que l'obésité résulte simplement d'une consommationexcessive de calories. L’apport calorique peut paraître faible par rapportaux recommandations de l’EFSA si l’on ne prend pas en compte l’adaptation métabolique due à des restrictions alimentaires prolongées(régimes, sauts de repas, jeûnes non supervisés), un mode de viesédentaire, d’une faible masse musculaire (amyotrophie, sarcopénie) etdes idées reçues sur la gestion du poids par la nutrition. Cela peut ralentir le métabolisme, favorisant la stagnation du surpoids oude l’obésité, voire entraîner une prise de poids, malgré une consommationréduite de calories. De plus, la transition nutritionnelle des participantes les a éloignées des pratiques alimentaires traditionnelles françaises, quiincluaient des repas structurés avec entrée de crudités, plat principal etdessert. A la place, elles ont adopté des comportements tels que sauterdes repas et écarter des aliments à haute densité nutritionnelle, menantainsi à la coexistence de l’obésité et de la sous-nutrition. Par ailleurs, la faible consommation d'acides gras polyinsaturés (AGPI), laréduction des acides gras monoinsaturés (AGMI) et les faibles apports englucides complexes, fibres, iode, potassium, calcium, zinc, vitamines E et D,par rapport aux recommandations de l'EFSA reflètent ces habitudesalimentaires inadéquates. Pour remédier à ces problèmes, il estnécessaire d'améliorer la qualité alimentaire, d'augmenter l'activitéphysique (notamment le renforcement musculaire) et de prendre encompte les facteurs psychologiques et physiopathologiques dans lesstratégies de gestion du poids. Mettre en place des interventions nutritionnelles ciblées, telles quel'éducation thérapeutique des patients (ETP), pourrait favoriser et promouvoir une assiette rééquilibrée et diversifiée avec des aliments àhaute densité nutritionnelle, pour obtenir de meilleurs résultats sur la santémétabolique à long terme.Déclaration d'auteursSabine Hilliger, Diététicienne nutritionniste (Dt. P.), DE, et le Comité deNutrition de Le Cercle Hilliger, ont réalisé l'analyse formelle, laméthodologie, l'administration du projet, la gestion du logiciel, lasupervision et la rédaction de la version originale. Le Dr. Nicolas Randon,Médecin nutritionniste, et le Dr. Lucie Carlier, Médecin généraliste, ontexaminé le manuscrit. Le Comité de Nutrition a ensuite édité et publié la version finale.FinancementCette étude n'a bénéficié d’aucun financement spécifique provenantd'organismes du secteur public aux niveaux national, départemental oucommunal, ni du secteur commercial. L’étude a pu être réalisée grâce aumécénat du Centre médical Fiona situé à Capesterre-Belle-Eau,Guadeloupe, France.Conflits d'intérêtsLes auteurs déclarent n'avoir aucun conflit d'intérêt.Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité
Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité71. Ng, M., Fleming, T., Robinson, M., et al. (2014). Global, regional, and nationalprevalence of overweight and obesity in children and adults during 1980-2013: Asystematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013. The Lancet,384(9945), 766-781.doi :10.1016/S0140-6736(14)60460-8 ; Prévalence mondiale, régionale et nationaledusurpoids et de l’obésité chez les enfants et les adultes entre 1980 et 2013 : Uneanalyse systématique pour l'étude de la charge mondiale de la maladie, 2013.2. Forouzanfar, M. H., Afshin, A., Alexander, L., et al. (2017). Global, regional, andnational comparative risk assessment of 84 behavioral, environmental andoccupational, and metabolic risks or clusters of risks in 195 countries, 1990-2016: Asystematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016. The Lancet,390(10100), 1345-1422. doi:10.1016/S0140-6736(17)32349-5 ; Évaluation comparativedes risques mondiaux, régionaux et nationaux de 84 risques comportementaux,environnementaux et professionnels, ainsi que des risques métaboliques ou desclusters de risques dans 195 pays, 1990-2016 : une analyse systématique pourl'étude de la charge mondiale de la maladie, 2016.3. Office of Minority Health. (n.d.). Obesity and African Americans. [U.S. Departmentof Health and Human Services]. Retrieved August 22, 2024, fromhttps://minorityhealth.hhs.gov/obesity-and-african-americans ; Obésité et Afro-Américains. Source : Département de la Santé et des Services humains des États-Unis.4. KANNARI, S. (2013). Impact of Nutrition on Diabetes and Hypertension inGuadeloupe. Journal of Health and Nutrition, 5(1), 23-30. ; Impact de la nutrition surle diabète et l'hypertension en Guadeloupe, 2013.5. Colombet, Z., Allès, B., Perignon, M., Landais, E., Martin-Prével, Y., et al. 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About this study

Obesity is a growing public health concern worldwide, and dietary intake plays a crucial role in its management. This study aims to evaluate the nutrient intake of overweight or obese women in Guadeloupe (FR, EU outermost region) and identify discrepancies compared to the nutritional recommendations of the European Food Safety Authority (EFSA).

The full text of this publication is written in French.

Details

Publication
ACTA Ingesta®
Issue
No. 1 · Feb. – Dec. 2024
Authors
S. Hilliger et al.
Publisher
Le Cercle Hilliger – Comité de Nutrition
ISSN
3076-2650
DOI
10.5281/zenodo.18706572
License
CC BY 4.0
Language
French

Cite this publication

Hilliger, S. et al. (2025). Sous-nutrition chez les femmes en situation d’obésité. ACTA Ingesta, no. 1. Le Cercle Hilliger – Comité de Nutrition. ISSN 3076-2650. https://doi.org/10.5281/zenodo.18706572