Place du fruit dans les petits-déjeuners en Guadeloupe - ACTA Ingesta N°3
Acta
Ingesta
Compte-rendu
du
Comité
de
Nutrition
Numéro
3
Place
du
fruit
dans
les
petits-déjeuners
en
Guadeloupe
Étude
pilote
descriptive
sur
203
petits-déjeuners
:
fruit
seul
ou
ancré
dans
le
repas
?
Sabine
Hilliger
(2026)
Courriel
:
sabine@ingesta.net
Éditeur
de
la
publication
:
Le
Cercle
Hilliger
-
Comité
de
Nutrition
www.ingesta.net/publications
Adresse
:
Ingesta
c/o
Centre
Médical
Fiona
17,
rue
Montplaisir
Capesterre-Belle-Eau,
Guadeloupe,
France
Nom
de
la
publication
:
Acta
Ingesta
Dépôt
légal
:
4e
trimestre
2026
N°
ISSN
:
3076-2650
doi
:
10.5281/zenodo.23320918
Résumé
Contexte
Le
fruit
au
petit-déjeuner
est
généralement
jugé
favorable,
mais
des
discours
de
chrononutrition
mettent
en
garde
contre
le
fruit
consommé
seul
le
matin.
En
Guadeloupe,
où
l'excès
de
poids
est
fréquent,
la
composition
réelle
des
petits-déjeuners
avec
fruits
est
peu
documentée.
Objectif
Décrire
la
fréquence
des
petits-déjeuners
avec
des
fruits
et
comparer
trois
profils
:
le
fruit
avec
ancrage
(source
de
protéines
ou
de
lipides),
le
fruit
avec
féculents
ou
sucres
sans
ancrage,
et
le
fruit
seul.
Méthode
Étude
pilote
descriptive,
sur
données
existantes
pseudonymisées
(MR-004).
Journaux
alimentaires
de
78
personnes
suivies
en
Guadeloupe
(256
jours,
2024-2026)
;
203
petits-
déjeuners
issus
de
75
personnes.
Teneurs
estimées
d'après
une
table
approximative
de
type
CIQUAL/EFSA
avec
le
dispositif
Ingesta®
version
7.
Intervalles
de
confiance
à
95
%
par
bootstrap
par
personne.
Résultats
Le
fruit
(niveau
1)
figure
dans
42
%
des
petits-déjeuners
(IC
95
%
:
33–51
%)
et
dans
51
%
au
niveau
2.
Parmi
les
85
petits-déjeuners
avec
fruit,
67
%
sont
ancrés,
24
%
associent
le
fruit
à
des
féculents
ou
des
sucres
sans
ancrage
et
9
%
sont
du
fruit
seul.
Le
fructose-équivalent
moyen
est
de
14,2
g
avec
fruit
contre
6,2
g
sans,
soit
13,0
g
pour
le
fruit
ancré
et
16,5
à
16,7
g
sans
ancrage.
Seuls
19
%
des
petits-déjeuners
atteignent
80
g
de
fruit
entier.
Conclusion
Le
fruit
est
présent
dans
environ
un
petit-déjeuner
sur
deux.
Le
fruit
seul
est
rare.
Le
profil
le
plus
exposé
au
fructose
et
aux
sucres
libres
est
le
fruit
associé
à
des
féculents
ou
à
du
sucre
sans
ancrage,
soit
un
petit-déjeuner
avec
fruit
sur
quatre.
Étude
exploratoire
:
aucune
conclusion
sur
la
glycémie,
la
satiété
ou
l'IMC.
Mots-clés
petit-déjeuner
;
fruits
;
fructose
;
ancrage
protéique
;
chrononutrition
;
Guadeloupe
;
journaux
alimentaires
Introduction
Le
petit-déjeuner
à
base
de
fruits
est
une
pratique
courante,
souvent
perçue
comme
un
gage
d’une
alimentation
saine.
Les
repères
du
Programme
National
Nutrition
Santé
recommandent
de
consommer
au
moins
cinq
fruits
et
légumes
par
jour,
une
portion
correspondant
à
80
à
100
g
[1].
Ces
repères
valent
pour
l'ensemble
de
la
journée
:
ils
ne
disent
rien
de
la
manière
dont
le
fruit
est
associé
aux
autres
aliments
du
repas
du
matin.
Pour
le
jus
de
fruit,
les
sources
ne
concordent
pas
tout
à
fait
:
le
Haut
Conseil
de
la
santé
publique
l'admet
à
raison
d'un
verre
par
jour
au
plus
[1],
alors
que
le
site
sante.fr
indique
qu'il
ne
compte
jamais
comme
une
portion
[2].
Dans
la
littérature
de
vulgarisation
en
chrononutrition,
le
fruit
consommé
seul
le
matin
fait
l'objet
de
mises
en
garde
récurrentes.
Quatre
affirmations
reviennent
:
(1)
le
rythme
de
la
sensibilité
à
l'insuline
et
du
cortisol
au
cours
de
la
journée
ferait
du
matin
un
moment
propice
à
un
pic
glycémique
après
un
repas
riche
en
sucres
rapides
;
(2)
un
petit-déjeuner
sans
protéines
ni
lipides
entraînerait
un
déficit
de
satiété
;
(3)
le
fructose,
surtout
lorsque
le
fruit
est
transformé
(jus,
compote,
confiture),
pourrait
avoir
des
effets
métaboliques
moins
favorables
;
(4)
la
composition
du
petit-déjeuner
influencerait
la
réponse
glycémique
du
repas
suivant,
un
phénomène
appelé
«
effet
du
second
repas
».
Ces
affirmations
sont
ici
traitées
comme
des
hypothèses
:
l'étude
n'a
mesuré
ni
glycémie,
ni
insulinémie,
ni
satiété.
En
Guadeloupe,
le
surpoids
et
l'obésité
concernent
une
large
part
de
la
population
adulte
:
le
numéro
2
d'Acta
Ingesta
rappelle
que
52
%
des
adultes
sont
en
surpoids
ou
obèses
(chiffres
INSEE
2019
repris
par
l'ARS)
[3].
L'étude
Kannari
(Guadeloupe
et
Martinique,
2013-2014)
et
la
surveillance
nutritionnelle
de
Santé
publique
France
en
outre-mer
documentent
le
contexte
alimentaire
local
[4].
À
notre
connaissance,
la
composition
réelle
des
petits-
déjeuners
contenant
des
fruits
n'y
est
pas
décrite
à
l'échelle
du
repas.
Les
numéros
précédents
d'Acta
Ingesta
ont,
de
leur
côté,
décrit
la
vulnérabilité
nutritionnelle
de
personnes
suivies
localement
[3,
5].
1
Cette
étude
pilote
propose
de
décrire,
à
partir
de
journaux
alimentaires
réels,
ce
que
contiennent
concrètement
les
petits-déjeuners
avec
fruits,
et
de
distinguer
le
fruit
consommé
seul
du
fruit
«
ancré
»
dans
un
repas
comportant
une
source
de
protéines
ou
de
lipides.
Objectifs
L'objectif
principal
est
de
décrire
la
fréquence
et
la
composition
des
petits-déjeuners
contenant
des
fruits
chez
des
personnes
suivies
en
Guadeloupe,
puis
de
comparer
trois
profils
:
fruit
avec
ancrage,
fruit
avec
féculents
ou
de
produits
sucrés
sans
ancrage,
et
fruit
consommé
seul.
Les
objectifs
secondaires
sont
d’estimer
la
fréquence
des
petits-déjeuners
avec
fruits
selon
deux
niveaux
de
définition,
de
décrire
les
types
et
les
quantités
de
fruits
consommés
et
la
place
du
sucre
ajouté,
d’évaluer
l'habitude
de
chaque
personne,
c'est-à-dire
la
régularité
d'un
petit-déjeuner
à
l'autre,
et
d’estimer
les
apports
en
fructose
et
en
sucres
libres
selon
le
profil.
A
tititre
exploratoire,
les
résultats
seront
aussi
confrontés
aux
quatre
affirmations
de
chrononutrition,
sans
chercher
à
les
valider.
Méthodologie
Type
d'étude
et
cadre
réglementaire
Étude
pilote
descriptive,
transversale,
fondée
sur
des
données
existantes.
Elle
n'implique
pas
la
personne
humaine
au
sens
de
l'article
R.1121-1
du
Code
de
la
santé
publique
;
les
données
sont
pseudonymisées
et
exploitées
conformément
à
la
méthodologie
de
référence
MR-004.
Aucun
avis
de
comité
de
protection
des
personnes
n'est
requis.
Source
des
données
Les
données
proviennent
des
journaux
alimentaires
de
78
personnes
suivies
en
consultation
en
Guadeloupe,
dont
75
adultes
avec
biométrie
valide
(âge
de
18
à
76
ans,
moyenne
51
ans).
Les
journaux
couvrent
la
période
de
mars
2025
à
septembre
2026,
et
recensent
923
aliments.
Ils
ont
été
recueillis
sous
forme
de
texte,
de
messages
vocaux
transcrits
et
de
photographies
nutritionnelles
préalablement
enregistrées
lors
de
l’utilisation
standard
du
dispositif
numérique
Ingesta®,
puis
nettoyés
et
normalisés
(noms
d'aliments,
unités,
quantités).
Les
quantités
manquantes
sont
signalées
et
non
imputées.
Définition
du
petit-déjeuner
Est
retenue
comme
petit-déjeuner
l'entrée
«
Petit
déjeuner
»
du
journal
;
à
défaut,
l'ensemble
des
prises
avant
10
h.
Les
journées
sans
aucune
prise
avant
10
h
ou
déclarées
sautées
ne
comptent
pas
comme
petit-déjeuner.
On
obtient
203
petits-déjeuners,
issus
de
75
personnes.
Définition
du
fruit
Deux
niveaux
sont
distingués.
Le
niveau
1
regroupe
le
fruit
entier
ou
coupé,
le
jus,
la
compote,
le
smoothie
et
l'avocat.
Le
niveau
2
ajoute
les
produits
contenant
du
fruit
(confiture,
yaourt
aux
fruits,
eau
citronnée,
pâtisserie
aux
fruits).
Les
fruits
secs,
dont
le
statut
est
ambigu,
sont
exclus
du
niveau
2
;
la
banane
plantain
n'est
pas
comptée.
L’avocat,
à
la
fois
fruit
et
source
de
lipides,
est
compté
dans
les
deux
catégories
:
trois
petits-déjeuners
(deux
personnes)
en
dépendent,
dont
deux
où
il
est
l’unique
fruit
et
l’unique
source
d’ancrage.
Ancrage
et
profils
Un
petit-déjeuner
est
dit
«
ancré
»
lorsqu'il
contient
au
moins
une
source
de
protéines
ou
de
lipides
:
œuf,
fromage,
jambon,
volaille,
poisson,
yaourt
nature,
lait,
beurre,
margarine,
huile,
oléagineux
ou
avocat.
Les
yaourts
sucrés,
les
boissons
chocolatées
et
les
laits
végétaux
ne
comptent
pas.
Trois
profils
en
découlent
:
fruit
avec
ancrage
;
fruit
avec
féculents
ou
sucres,
sans
ancrage
;
fruit
seul,
sans
autre
aliment
énergétique
ni
sucre
ajouté.
Quantification
Les
apports
en
énergie,
protéines,
lipides,
sucres
et
fructose
ont
été
estimés
à
partir
d'une
table
simplifiée
de
composition
des
aliments,
élaborée
sur
le
modèle
de
CIQUAL
[6].
Les
valeurs
relatives
à
la
pomme,
la
banane,
à
l'orange,
à
l'ananas,
à
la
poire,
au
raisin,
au
sucre
et
au
miel
ont
été
comparées
à
celles
de
la
base
USDA
[7].
Le
fructose-équivalent
correspond
à
la
somme
du
fructose
libre
augmenté
de
la
fraction
de
fructose
issue
du
saccharose,
calculée
comme
la
moitié
de
la
quantité
de
saccharose.
Environ
62
%
du
fructose
estimé
provient
toutefois
de
valeurs
qui
n’ont
pas
fait
l’objet
de
cette
vérification
croisée.
Les
quantités
exprimées
en
grammes
doivent
dons
être
interprétées
comme
des
ordres
de
grandeur
et
non
comme
des
mesures
exactes.
Analyse
statistique
Le
petit-déjeuner
constitue
l’unité
d’observation
.
Une
même
personne
pouvant
avoir
déclaré
plusieurs
petits-
déjeuners,
les
observations
ne
sont
pas
totalement
indépendantes.
Les
intervalles
de
confiance
à
95
%
ont
donc
été
estimés
par
bootstrap
au
niveau
des
personnes,
à
partir
de
5
000
rééchantillonnages.
L'effet
de
plan
estimé
à
1,8,
conduit
à
des
intervalles
corrigés
approximativement
1,34
fois
plus
larges
que
les
intervalles
naïfs.
La
similarité
des
petits-déjeuners
déclarés
par
une
même
personne
est
explorée
par
un
test
de
permutation.
Les
profils
font
l’objet
d’une
analyse
descriptive,
sans
tests
statistiques
comparatifs.
L'IMC
n'est
pas
un
critère
de
comparaison,
73
%
des
adultes
de
l'échantillon
présentant
un
IMC
égal
ou
supérieur
à
30
kg/m²,
ce
qui
limite
le
contraste
entre
les
catégories.
Résultats
Description
de
l'échantillon
L’L’échantillon
compte
78
personnes.
Parmi
les
75
adultes
avec
biométrie
valide
(3
mineurs
exclus),
l’IMC
moyen
est
de
34,1
kg/m²
(écart
type
7,3)
;
73
%
ont
un
IMC
d’au
moins
30
et
8
seulement
sont
en
dessous
de
25
kg/m².
L’analyse
porte
sur
203
petits-déjeuners
issus
de
75
personnes.
ancrés,
11
contiennent
de
la
banane,
de
l'ananas,
de
la
mangue
ou
de
la
papaye
(contre
20
des
57
ancrés)
et
9
reposent
sur
un
jus
ou
une
compote
sans
fruit
entier.
42
%
des
petits-déjeuners
contiennent
du
fruit
(niveau
1)
67
%
des
petits-déjeuners
avec
fruit
sont
ancrés
(protéines
ou
lipides)
9
%
seulement
sont
du
fruit
seul
(8
sur
85)
2
Place
du
fruit
dans
les
petits-déjeuners
en
Guadeloupe
Discussion
Cette
étude
pilote
montre
que
le
fruit
est
présent
dans
environ
un
petit-déjeuner
sur
deux
dans
ce
groupe
suivi
en
Guadeloupe,
mais
en
quantité
modeste
:
la
plupart
des
petits-déjeuners
n'atteignent
pas
80
g
de
fruit
entier.
Le
fruit
n'y
est
pas
systématiquement
consommé
seul
:
deux
petits-
déjeuners
avec
fruit
sur
trois
comportent
une
source
de
protéines
ou
de
lipides,
une
proportion
identique
à
celle
des
petits-déjeuners
sans
fruit.
Le
fruit
seul
est
rare
(8
petits-déjeuners,
dont
trois
d'une
seule
personne).
Le
motif
le
plus
préoccupant
est
le
fruit
accompagné
de
féculents
ou
de
sucres
sans
ancrage
(24
%
des
petits-déjeuners
avec
fruit),
qui
cumule
le
plus
de
sucres
libres.
Un
petit-déjeuner
avec
fruit
sur
trois
est
dépourvu
d'ancrage
;
parmi
ceux-là,
9
sur
28
reposent
sur
un
jus
ou
une
compote
et
11
sur
28
contiennent
de
la
banane,
de
l'ananas,
de
la
mangue
ou
de
la
papaye.
Le
profil
«
fruit
seul
»
des
discours
de
chrononutrition
décrit
donc
une
petite
minorité
des
cas
observés.
Confrontation
aux
affirmations
de
chrononutrition
Le
tableau
A2
en
annexe
présente
la
confrontation
détaillée
des
résultats
avec
la
chrononutrition
:
(1)
L’hypothèse
d’un
effet
conjoint
du
cortisol
et
du
petit-
déjeuner
sur
le
pic
glycémique
ne
peut
pas
être
testée,
puisque
l’étude
ne
comporte
aucune
mesure
de
la
glycémie
ou
de
l’insulinémie.
(2)
Environ
un
tiers
des
petits-déjeuners
avec
fruit
ne
comportent
pas
de
source
identifiable
de
protéines
ou
de
lipides,
mais
cette
situation
est
aussi
fréquente
sans
fruit
dans
les
petits-déjeuners
sans
fruit.
La
satiété
n’ayant
pas
été
mesurée,
aucune
conclusion
ne
peut
être
tirée
sur
leur
effet
rassasiant.
(3)
Les
apports
en
sucres
libres
sont
plus
élevés
lorsque
le
fruit
est
associé
à
du
jus,
de
la
confiture
ou
du
sucre
ajouté,
mais
ils
sont
nuls
lorsqu’un
fruit
entier
est
consommé
seul.
L’effet
du
second
repas
est
hors
du
champ
de
cette
étude.
(4)
La
présence
d’un
fruit
au
petit-déjeuner
apparaît
comme
une
habitude
individuelle
relativement
stable
(71
%
de
concordance
contre
51
%
attendus).
Les
conseils
plutôt
que
sur
un
repas
isolé.
Conclusion
Dans
ce
groupe
de
personnes
suivies
en
Guadeloupe,
un
petit-déjeuner
sur
deux
contient
du
fruit
sous
une
forme
ou
une
autre.
Le
fruit
est
présent
dans
42
%
à
51
%
des
petits-
déjeuners
selon
la
définition
retenue,
le
plus
souvent
accompagné
d'une
source
de
protéines
ou
de
lipides
(67
%).
Le
fruit
seul
est
rare
(9
%
des
petits-déjeuners
avec
fruit).
Le
profil
le
plus
exposé
à
un
apport
élevé
en
fructose
et
en
sucres
libres
est
le
fruit
associé
à
des
féculents
ou
à
du
sucre
sans
ancrage,
soit
un
petit-déjeuner
avec
fruit
sur
quatre.
Le
risque
ne
tient
donc
pas
à
la
présence
du
fruit,
mais
à
la
composition
du
petit-déjeuner.
Un
petit-déjeuner
avec
fruit
sur
trois
ne
comporte
ni
protéines
ni
lipides,
et
c’est
surtout
le
fruit
associé
à
des
féculents,
au
sucre,
à
la
confiture
ou
au
jus
qui
apporte
le
plus
de
fructose
et
de
sucres
libres.
Ces
petits-déjeuners
pourraient
favoriser
une
glycémie
élevée
en
début
de
journée
et
une
moindre
satiété.
Ces
effets,
non
mesurés
ici,
restent
des
hypothèses.
Les
résultats
sont
descriptifs
:
ils
ne
permettent
de
conclure
ni
sur
la
glycémie,
ni
sur
la
satiété,
ni
sur
le
poids.
Limites
Cette
étude
repose
sur
un
échantillon
clinique,
de
petite
taille
comprenant
203
petits-déjeuners
rapportés
par
75
personnes
qui
ne
peut
être
considéré
comme
représentatif
de
la
population
guadeloupéenne
car
73
%
des
adultes
avaient
un
IMC
égal
ou
supérieur
à
30
kg/m².
De
plus,
certaines
personnes
ont
renseigné
plusieurs
petits-déjeuners.
Les
teneurs
nutritionnelles
ont
été
estimées
à
partir
de
tables
de
composition
et
comportent
une
marge
d’incertitude,
62
%
de
la
quantité
estimée
de
fructose
repose
sur
des
valeurs
qui
n’ont
pas
fait
l’objet
d’une
vérification
croisée.
La
définition
retenue
pour
l’ancrage
est
volontairement
large
:
une
faible
quantité
de
beurre
ou
de
lait
suffit.
Les
résultats
peuvent
donc
varier
selon
les
critères
adoptés.
Les
données
proviennent
de
journaux
alimentaires
déclaratifs
(texte,
voix,
photos).
Elles
peuvent
être
biaisées.
En
outre,
le
profil
«
fruit
seul
»
ne
concerne
que
8
petits-
déjeuners,
un
effectif
insuffisant
pour
en
tirer
des
conclusions
solides.
Enfin,
aucune
mesure
de
la
glycémie,
d'insuline
ou
de
la
satiété
n’a
été
réalisée,
donc
il
n’y
a
pas
d’évaluation
des
effets
métaboliques
des
différents
profils
de
petits-
déjeuners.
Aucune
analyse
de
l'IMC
n’a
été
réalisée,
faute
de
contraste
(8
adultes
sous
25
kg/m²).
Une
analyse
exploratoire
n'a
pas
montré
d'association
entre
fruit
habituel
et
IMC
(p
=
0,21).
Recherches
futures
Les
recherches
futures
pourraient
étendre
l’analyse
au
repas
suivant,
qu’il
s’agisse
d’une
collation
ou
du
déjeuner,
puis
à
l’ensemble
de
la
journée,
en
incluant
une
autre
collation
et
le
dîner.
Elles
permettraient
ainsi
d’évaluer
la
consommation
de
fruits
et
légumes,
l’apport
journalier
en
fructose
et
la
répartition
des
protéines.
Elles
pourraient
également
intégrer
une
mesure
de
la
satiété
et,
si
possible,
des
glycémies
capillaires.
Enfin,
l’étude
pourrait
être
reproduite
auprès
d’un
échantillon
plus
large
et
présentant
des
profils
plus
diversifiés.
Remerciements
Le
Comité
de
Nutrition
remercie
les
personnes
suivies
qui
ont
accepté
de
tenir
un
journal
alimentaire,
Ingesta
SELAS
Diététicien
pour
l’autorisation
d’utlisation
du
dispositif
Ingesta®
version
7.
Un
grand
merci
au
Centre
Médical
Fiona
pour
la
mise
à
disposition
d'un
espace
de
consultation,
aux
Dr.
Randon
et
Dr
Carlier
pour
leur
soutien.
Déclaration
d'auteurs
Sabine
Hilliger,
diététicienne
nutritionniste,
et
le
Comité
de
Nutrition
du
Cercle
Hilliger.
Financement
Aucun
financement
spécifique
n'a
été
reçu
pour
cette
étude.
Conflits
d'intérêts
Aucun
conflit
d'intérêts
déclaré.
3
Place
du
fruit
dans
les
petits-déjeuners
en
Guadeloupe
Références
[1]
Haut
Conseil
de
la
santé
publique.
Révision
des
repères
alimentaires
pour
les
adultes,
Programme
national
nutrition
santé
2017-2021.
HCSP,
2017.
https://afpa.org/content/uploads/2017/10/HCSP-Reperes-
alimentaires-adultes-PNNS-2017-2021.pdf
[2]
sante.fr.
Fruits
et
légumes
:
portions
et
jus
de
fruits.
https://www.sante.fr/node/800561
[3]
Hilliger
S.
Qualité
nutritionnelle
de
l'aide
alimentaire
en
Guadeloupe.
Étude
longitudinale
sur
6
paniers
mensuels
distribués
aux
bénéficiaires.
Acta
Ingesta,
Numéro
2,
2026.
doi
:
10.5281/zenodo.22650765
[4]
Santé
publique
France.
Surveillance
nutritionnelle
en
outre-mer
(dont
l'étude
Kannari,
Guadeloupe
et
Martinique,
2013-2014).
https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-
physique/surveillance-nutritionnelle-en-outre-mer
[5]
Hilliger
S.
et
al.
Sous-nutrition
chez
les
femmes
en
situation
d'obésité.
Acta
Ingesta,
Numéro
1,
2024.
[6]
ANSES.
Table
de
composition
nutritionnelle
des
aliments
CIQUAL.
https://ciqual.anses.fr
[7]
U.S.
Department
of
Agriculture.
FoodData
Central.
https://fdc.nal.usda.gov
Annexes
Tableau
A1
:
Définitions
utilisées
dans
l'étude
Terme
Définition
Exemples
Petit-déjeuner
Entrée
«
Petit
déjeuner
»
du
journal
;
à
défaut,
toute
prise
avant
10
h
203
petits-déjeuners,
75
personnes
Fruit
niveau
1
Fruit
entier
ou
coupé,
jus,
compote,
smoothie,
avocat
(compté
aussi
comme
ancrage)
Orange,
banane,
jus
d'ananas,
compote
de
pomme
Fruit
niveau
2
Niveau
1
+
produits
contenant
du
fruit
(fruits
secs
exclus)
Confiture,
yaourt
aux
fruits,
eau
citronnée,
pâtisserie
Ancrage
Au
moins
une
source
de
protéines
ou
de
lipides
Œuf,
fromage,
jambon,
poisson,
yaourt
nature,
lait,
beurre,
huile,
oléagineux,
avocat
Non
comptés
comme
ancrage
Produits
sucrés
ou
végétaux
sans
protéines
ni
lipides
significatifs
Yaourt
sucré,
boisson
chocolatée,
lait
végétal
Fructose-équivalent
Fructose
libre
+
0,5
×
saccharose
Estimation
par
aliment
à
partir
d'une
table
approximative
Sucres
libres
Sucres
ajoutés,
miel,
sucres
des
jus
et
compotes
Sucre,
miel,
confiture,
jus
Tableau
A2
:
Confrontation
des
quatre
affirmations
de
chrononutrition
aux
données
de
l'étude
Affirmation
Ce
que
l'étude
peut
dire
Verdict
1.
Cortisol,
sensibilité
à
l'insuline
et
pic
glycémique
après
un
repas
riche
en
sucres
le
matin
Aucune
glycémie
ni
insulinémie
n'est
mesurée.
Non
testable
2.
Petit-déjeuner
sans
protéines
ni
lipides
et
déficit
de
satiété
Le
profil
sans
ancrage
existe
pour
environ
1
petit-déjeuner
avec
fruit
sur
3,
sans
être
plus
fréquent
qu'en
l'absence
de
fruit
(67
%
contre
66
%
d'ancrage).
La
satiété
n'est
pas
mesurée.
Motif
présent,
effet
non
mesuré
3.
Fruit
transformé,
fructose
et
sucres
libres
Sucres
libres
élevés
seulement
lorsque
le
fruit
s'accompagne
de
sucre,
de
confiture
ou
de
jus
(24,1
g)
;
nuls
pour
le
fruit
seul.
Fructose
plus
élevé
sans
ancrage
(16,5
à
16,7
g
contre
13,0
g).
Partiellement
soutenue
(composition)
4.
Effet
du
second
repas
Les
repas
suivants
ne
sont
pas
analysés.
Hors
champ
4
Place
du
fruit
dans
les
petits-déjeuners
en
Guadeloupe
1 / 4